Le changement d’heure nous affecte tous. Fatigue, humeur, sommeil… Tout le monde en pâtit. Les jeunes enfants, encore plus. Car ce changement vient à l’encontre d’un de leur besoin essentiel : la stabilité de leur rythme de vie. Une stabilité ce que les professionnels de la petite enfance peuvent préserver, surtout en communiquant auprès des parents.
Le passage à l’heure d’été a lieu dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 2025. « Changer d’heure, c’est modifier son horloge biologique, rappelle Marie-Bernadette Esterni-Coggia, pédiatre référente accueil inclusion au sein de 14 crèches dans les Bouches-du-Rhône. Un changement qui se fait progressivement pour tous les êtres vivants, notamment grâce au changement de luminosité. » Le jeune enfant y est biologiquement sensible à partir de ses six mois. Le temps que son horloge interne se règle sur le nouveau rythme – comptez trois semaines, un mois -, il va subir ce décalage.
Si l’on adopte la nouvelle heure d’un seul coup, le décalage peut être difficile à gérer pour le jeune enfant. Tout d’un coup, il est levé une heure plus tôt. Ou couché, une heure plus tard. On lui donne à manger alors qu’il n’a pas encore faim… Résultat, lorsqu’il arrive chez l’assistante maternelle ou à la crèche, il est fatigué, affamé, de mauvaise humeur… Pour éviter d’en arriver-là, mieux vaut anticiper. Comment ? En premier lieu, en communiquant auprès des parents.
1. Communiquer auprès des parents : une démarche essentielle
« Une semaine avant le changement d’heure, je demande aux parents de décaler petit à petit le planning de cinq minutes », confie Véronique Luypaert, assistante maternelle en crèche familiale et co-fondatrice du Collectif National des assistantes maternelles en crèche familiale. « Faire contribuer les parents en les incitant à coucher leurs enfants plus tôt le soir, par exemple, est une très bonne idée, confirme Marie-Bernadette Esterni-Coggia. Mais encore faut-il que ce décalage et de rythme soit maintenu la semaine et le week-end, ce qui n’est pas forcément facile pour tous les parents… »
Le sujet peut être difficile à aborder avec les parents, et même à gérer pour eux en fonction du mode d’accueil, des différentes personnes chez qui l’enfant transite. Inciter le parent à préserver le rythme de vie de son enfant alors qu’il n’est pas maître de son emploi du temps peut être une pression pour lui et le faire culpabiliser. « On n’ose pas toujours demander aux parents, surtout ceux que l’on ne connaît pas bien, la première année », avoue Véronique Luypaert.
C’est pourtant essentiel pour Marie-Bernadette Esterni-Coggia. De même que de leur apprendre à repérer les signes de fatigue de leur enfant. « Chez certains ce sera se toucher les cheveux, chez d’autres se frotter les yeux ou encore chouiner… »
2. S’adapter en cas de difficultés
Si malgré les précautions prises, les enfants arrivent épuisés sur leur lieu d’accueil, « il faut s’adapter, c’est notre rôle », estime Véronique Luypaert. Si un enfant arrive fatigué, nous pouvons lui faire faire une sieste le matin, si un autre n’a pas faim, nous pouvons décaler l’heure du repas… » Que faire en cas de comportement difficile ? « Quand j’ai des enfants peu coopérants, je mets en route un réveil ou une alarme et je leur explique que ce sera la fin quand l’aiguille sera à tel endroit ou quand l’alarme aura sonnée », indique l’assistante maternelle. Voilà, pour les solutions d’urgence.
3. Conserver le rythme de la journée et adapter les activités
Pour le reste, mieux vaut ne pas modifier le rythme habituel de la journée : les fenêtres d’éveil, de sieste et de repas. D’autres actions peuvent faciliter une transition en douceur. « On fait plus de jeux calmes, de lectures d’histoires, avant la sieste car c’est le moment où ils ont plus de mal à se recaler, précise Véronique Luypaert. J’ai acheté un livre sur le yoga et depuis peu, on fait une séance de yoga avant la sieste, cela fonctionne assez bien! » Pour les plus grands, il est aussi possible d’expliquer le changement d’heure : changer les horloges avec eux, leur dire que c’est normal qu’ils aient faim avant, etc. Enfin, dernier conseil de pros : sortir, le plus possible. « Déjà, sortir, ça apaise », rappelle la professionnelle. Et surtout, ça permet de régler son horloge biologique de manière naturelle.
Élodie Buzaud
PUBLIÉ LE 15 octobre 2024
MIS À JOUR LE 04 novembre 2024